Qwant préfère bousculer les habitudes plutôt que marcher dans l’ombre de Google. Affichant sans détour son statut de « moteur de recherche européen », la société basée à Paris se démarque par sa ligne : confidentialité, transparence, et propriété partagée, en partie, avec l’éditeur allemand Axel Springer (présent à hauteur de 20%). Dès la première visite, ce partenariat saute aux yeux : la vitrine de Qwant regorge d’actualités piochées parmi de nombreux médias, dont une poignée issue du groupe Springer. Sur la sélection de ces sources, Qwant cultive un silence étonnant : aucune information publique sur le sujet, et l’interrogation relayée par mobilessure.de n’a jamais obtenu de retour.
Qwant bâtit sa promesse sur trois piliers : création d’un index autonome, recours partiel à l’infrastructure Bing, et modèle affiché de respect des utilisateurs. N’espérez pas voir s’installer des cookies à leur insu, ni retrouver à la trace votre historique de recherche sur leurs serveurs. Rien ne devrait fuiter au-delà de l’écran. Un peu à contre-courant, l’entreprise préfère s’appuyer sur la publicité sans sacrifier votre anonymat : les annonces sont strictement liées aux mots saisis dans la barre de recherche. Pas question ici de profiler l’utilisateur. Ce n’est pas la seule originalité : Qwant privilégie la pertinence des résultats plutôt que la seule notoriété des sites, un choix technique qui modifie sensiblement l’expérience. L’univers Qwant s’est étoffé sur mobile (applications dédiées sous Android et iOS). Les familles y trouvent aussi Qwant Junior, une déclinaison spécifique qui filtre les contenus inappropriés avant même d’atteindre les jeunes internautes.
Protection contre le suivi Firefox
Pour renforcer le volet vie privée, Qwant a jeté son dévolu sur Firefox, navigateur open source taillé pour la défense de l’utilisateur. Certaines briques issues du célèbre panda roux se retrouvent d’ailleurs activées dès le lancement : à chaque nouvelle session, le navigateur génère un cookie temporaire voué à l’effacement automatique. Les options « Ne pas suivre » et « Protection contre le suivi des activités » sont actives, prenant appui sur des listes dynamiques de traqueurs pour filtrer les scripts indésirables.
Un internaute accoutumé à Firefox retrouvera ces fonctionnalités, en profitant au passage de la possibilité de configurer son moteur de recherche préféré à tout moment. Qwant permet d’aller un cran plus loin en autorisant la création d’un profil personnalisé. Ce profil centralise favoris et listes de liens, bien utile quand on bascule d’un appareil à l’autre. Les réglages deviennent alors synchronisables, sous réserve que l’utilisateur accepte de stocker ses préférences et données sur l’infrastructure Qwant, localisée dans l’espace européen.
Vidéos YouTube intégrées
Les recherches sur Qwant se déclinent selon plusieurs filtres pour affiner les résultats selon vos besoins du moment. Il devient aisé, via une interface épurée, de basculer entre images, musique, vidéos ou contenus issus des réseaux sociaux.
La plateforme va jusqu’à intégrer du contenu externe dans ses pages. Un exemple parlant : les vidéos hébergées sur YouTube restent consultables dans l’écosystème Qwant, sans redirection immédiate. Mais dès le lancement d’une vidéo, les échanges de données reprennent le circuit classique avec YouTube, propriété, rappelons-le, du mastodonte Google. L’internaute est alors averti du transfert d’informations.
Derrière l’affichage rassurant de Qwant, prudence et analyse s’imposent. Loin du discours marketing, architecture technique comme logiques commerciales hébergent parfois des zones grises, que seul un œil curieux saura interroger. Confier ses clics à un acteur européen ne garantit pas l’oubli numérique. Reste alors au visiteur de décider, en toute connaissance, si l’armure de Qwant est solide ou s’il vaut mieux encore garder l’œil ouvert.

