Certains fichiers numériques sont bavards. D’autres, comme une image trouvée au détour d’un site, savent se faire secrets. Rien n’indique leur origine, leur auteur, ni même s’il existe une version plus nette ou plus grande quelque part. Bonne nouvelle : il existe des méthodes efficaces pour lever le voile sur ces images mystérieuses. Voici comment procéder pour retracer la source d’une image grâce à la recherche inversée.
Cette technique ne se limite pas à retrouver l’auteur d’une photo. Elle sert aussi à savoir où circulent vos propres clichés, à dénicher une version HD d’une illustration, voire à repérer toutes les déclinaisons d’une même image sur le web.
TinEye, la référence pour remonter à l’origine d’une image
TinEye se spécialise dans un domaine bien précis : la recherche d’images. Donnez-lui un fichier ou une URL, il fouille sa gigantesque base et liste tous les sites où cette image (ou ses variantes) circule. Pratique pour savoir si une photo a été recadrée, modifiée ou publiée en meilleure qualité ailleurs.
Contrairement à d’autres services, TinEye s’appuie sur l’analyse du contenu même du fichier. Peu lui importe le nom du fichier ou sa taille : il analyse les pixels, reconnaît les images même tronquées ou retouchées, et retrouve les correspondances.
Un des atouts notables de TinEye : le respect de la vie privée. Les images envoyées pour analyse ne sont pas conservées. Vous pouvez donc enquêter sans arrière-pensée sur la question des droits d’auteur.
L’outil se décline en version gratuite et payante, mais la formule gratuite autorise déjà jusqu’à 300 recherches par semaine (limitées à 100 par jour). Suffisant pour la grande majorité des usages non professionnels !
Utiliser TinEye, mode d’emploi
Imaginons la scène : vous tombez sur une photo splendide sur un site comme Flickr, signée Jörg Bergmann. Mais rien n’indique sa provenance. Voici comment procéder pour remonter sa piste.
Depuis la page d’accueil de TinEye, il suffit de téléverser l’image depuis votre ordinateur, ou d’entrer directement son lien dans le champ prévu à cet effet. Une extension pour navigateur est aussi proposée, mais l’envoi manuel reste souvent le plus simple.
Seule contrainte technique : l’image doit être en JPEG, PNG ou GIF, et ne pas dépasser 20 Mo. En quelques secondes après l’envoi, TinEye interroge une base de près de 30 milliards d’images et affiche les résultats.
Un menu permet ensuite de trier les résultats par pertinence, taille ou date d’apparition sur le web. Vous pouvez ainsi repérer d’un coup d’œil la plus grande version disponible, ou le site qui l’a diffusée en premier.
Dans l’exemple cité plus haut, TinEye mène directement à la page Flickr du photographe, avec accès à la version originale et à sa galerie complète.
Il arrive que TinEye ne rapporte aucune correspondance lors de la recherche inversée. Plusieurs scénarios sont alors possibles :
- TinEye n’a pas encore indexé le ou les sites concernés : l’outil n’explore que les pages publiques qu’il a déjà scannées. Si la photo n’apparaît pas, elle n’est peut-être pas encore répertoriée.
- L’outil ne parvient pas à analyser l’image : photos trop petites ou trop floues échappent parfois à son algorithme.
- La photo n’a tout simplement jamais été diffusée en ligne.
La recherche inversée sur Google Images
Google Images propose aussi sa propre méthode pour retrouver l’origine d’une photo. Rendez-vous sur leur site, cliquez sur l’icône d’appareil photo, et importez l’image à inspecter, via un lien ou depuis votre disque dur.
Imaginons cette fois que vous croisiez une photo de cerises mûres. Vous souhaitez mettre la main sur une version plus grande ou mieux définie.
Quelques secondes après le téléversement, Google Images affiche des résultats variés. En cliquant sur « Toutes les tailles », vous visualisez instantanément toutes les déclinaisons trouvées.
Google privilégie d’emblée la version la plus large de l’image.
Attention cependant : Google classe les résultats par taille affichée, sans se soucier de la résolution réelle. Une image agrandie artificiellement (par exemple, de 500 à 2 000 pixels de large) sera affichée en tête de liste, même si elle est totalement pixellisée. Pour dénicher une version à la fois grande et nette, il faut parfois comparer plusieurs tailles.
L’intérêt des outils de recherche d’images inversées
Ces deux solutions se complètent et facilitent la traque d’une photo sur internet. Mais il convient de rappeler une règle de base : s’assurer d’avoir les droits nécessaires avant d’utiliser une image trouvée par ce biais.
Nombreuses sont les photos soumises au droit d’auteur et leur utilisation n’est pas toujours libre. TinEye et Google offrent cependant un moyen précieux de retrouver le créateur d’une image et, le cas échéant, de le contacter.
La base de données de TinEye grossit d’année en année, 10 milliards d’images en 5 ans, puis 30 milliards. Malgré tout, elle reste moins étendue que celle de Google Images. Parfois, la photo recherchée est en ligne depuis si longtemps, ou a tant circulé, que la retrouver à sa source relève du défi.
Pour les photographes et créateurs visuels, il existe aussi des sociétés spécialisées dans la détection et la gestion des utilisations non autorisées de photos. Pixsy, par exemple, propose un suivi de vos images en ligne, gère les notifications en cas d’infraction, et offre l’appui d’avocats si besoin.
Malgré quelques limites, ces outils permettent, dans la grande majorité des cas, de retrouver une image égarée, de vérifier son origine ou d’explorer sa diffusion. La prochaine fois qu’une photo inconnue vous intrigue, vous saurez où chercher. La réponse, parfois, est à portée de clic.








