Quel logiciel libre pourrait remplacer Excel au quotidien ?

Bien que conçu comme un tableur, presque aucun autre logiciel n’est utilisé aujourd’hui pour autant de cas d’utilisation différents que Microsoft Excel. Quiconque ne veut pas se lier au quasi-monopoliste américain est l’embarras du choix ! Calc, Google Sheets, Apple Numbers et SoftMaker Office sont les plus célèbres parmi les nombreuses alternatives. Un novice à l’application de feuille de calcul en ligne est SeaTable, qui a une gamme considérablement élargie de fonctionnalités par rapport aux autres alternatives Excel pour relancer la concurrence.

Comparaison des fonctionnalités et des usages

Pour les personnes impatientes d’y voir clair, voici un tableau comparatif qui synthétise d’un coup d’œil les forces et limites des principaux remplaçants d’Excel disponibles aujourd’hui. Vous trouverez ensuite un passage en revue de chaque solution, afin de ne perdre ni repères ni temps face à la diversité des offres.

Ici, le panorama se concentre principalement sur les applications installables fonctionnant sur au moins deux systèmes d’exploitation. Ainsi, Apple Numbers ne figure pas comme remplaçant généraliste pour Mac, tout comme Gnumeric, aujourd’hui cantonné à Linux.

Calc Planmaker Google Sheets Zoho Feuille Ethercalc SeaTable
Développeurs LibreOffice et OpenOffice Softmaker GmbH Google Inc. Zoho Corp. Pvt. Ltd. Communauté Seafile Ltd.
Plattform Windows, Mac, Linux Windows, Mac, Linux Navigateur Navigateur Navigateur Navigateur
Dateiformat ODS PMDX ou XLSX
Kosten gratuit version gratuite disponible version gratuite disponible gratuit Achat : 100€
Mise en location : 30€/an
version gratuite disponible
Erfassung
Champs texte
Champs numériques
Champs date
Formules
Sélection simple (
) via validation de données
(
) via validation de données
(
) via validation de données
(
) via validation de données
*** ***0
Sélection multiple
Texte formaté
Fichiers
Images
Données de localisation
Créateur
Date de création
Dernier modificateur
Date modification
Relations
Max. colonnes / lignes 1 024 / 1 048 576 16 384 / 1 000 000
5 000 000 cellules
256 / 65 536
n/a
500 / 500 000 (dépend de l’abonnement)
Analyse
Validation de données
Tri
Filtre
Regroupement
Mise en forme conditionnelle
Recherche de valeur cible (par module complémentaire)
Tableaux croisés dynamiques
Graphiques (
)
Vue carte
Vue galerie
Vue chronologique
Intégrations
Données externes (via fonctions, modules et scripts) (via add-ons et scripts)
API (
)

Plugins
SDK

Panorama des alternatives à Excel

L’approche locale ou en ligne, mais aussi l’ouverture du code source, donnent des perspectives différentes au moment de choisir son tableur. Voici une matrice qui expose clairement ces critères pour mieux s’orienter.

Il y a quinze ans, il s’agissait surtout d’opposer les logiciels installés (type Calc ou Apple Numbers) à Excel. Puis le cloud a changé la donne : aujourd’hui, quasiment tout le monde utilise au moins un de ces outils en version web, ce qui a bousculé le jeu des acteurs. Même Microsoft s’y est mis avec Excel Online, intégré à Microsoft 365.

Les applications en ligne affichent plusieurs avantages : accès simple avec un navigateur, peu importe la machine ou le système, et travail collaboratif sans friction. Tout le monde voit la même chose, les modifications apparaissent en direct et la gestion ne repose plus sur celui ou celle qui installe ou met à jour les logiciels sur les postes. Ça soulage les admins, mais aussi l’utilisateur classique, qui n’a plus qu’à ouvrir son navigateur pour travailler ou suivre l’avancée du fichier, que ce soit au bureau ou à distance.

Les irréductibles des logiciels installés ne manquent pourtant pas d’arguments. D’abord l’autonomie : pas de réseau ? Aucun problème. La compatibilité avec certains compléments comme les macros, où les entreprises sont souvent loquaces, reste aussi un avantage des versions de bureau. Même chose pour certains outils scientifiques de gestion des références ou fonctions de calcul complexes, rarement bien gérés côté web.

Calc

Le tableur historique parmi les solutions libres

Bien avant la vague du cloud, Calc était déjà considéré comme le rival le plus solide d’Excel, et il n’a rien perdu de son attrait. Sa compatibilité multios (Windows, Mac, Linux), son foisonnement de fonctionnalités et sa documentation portée par une large communauté expliquent son succès durable. Le fait qu’il soit entièrement gratuit, autant pour un usage privé que professionnel, finit de convaincre encore beaucoup d’utilisateurs.

On trouve Calc aussi bien dans LibreOffice que dans OpenOffice. Après la séparation en 2010 (OpenOffice alors détenu par Oracle, LibreOffice lancé par The Document Foundation), les deux branches ont évolué chacune de leur côté, OpenOffice passant depuis sous la bannière Apache.

Au quotidien, Calc n’a pas à rougir face à Excel pour les bases : on y trouve plus de 30 formules supplémentaires, un vrai atout pour les utilisateurs intensifs. Avec l’appui du standard OpenFormula, la personnalisation du formatage grâce aux styles de cellules et de pages va bien au-delà de la moyenne. Il sait aussi importer une grande diversité de fichiers (Numbers, Gnumeric, anciens formats comme Lotus 1-2-3…). Le petit plus du geek : comparer deux feuilles d’un coup, ou l’exécuter depuis une simple clé USB.

Mieux vaut prévenir : les macros sont prises en charge partiellement et intégrer des sources de données externes peut devenir un parcours du combattant. Si vous privilégiez les fonctions avancées, l’absence de multithreading ou d’outil de type Power Pivot sera probablement un frein. Et côté dataviz, le choix de graphiques reste classique, rien à voir avec l’arsenal d’Excel (pas de waterfall, ni histogramme, par exemple).

Pour les usages du quotidien, la prise en main ne pose aucun problème : l’interface est limpide, complète et propose une navigation cohérente. Ceux qui sont aguerris à Excel devront néanmoins un temps d’adaptation, non pas tant à cause de l’habillage, mais à cause des logiques différentes entre les outils.

Dernier point à surveiller si l’on attend des allers-retours avec Excel : la compatibilité XLSX reste une zone grise. Calc fonctionne au format ODS, ouvert, ce qui limite parfois la restitution parfaite d’un fichier créé chez Microsoft. La communauté elle-même le reconnaît : le support OOXML de Microsoft est encore partiel.

PlanMaker

Une alternative avancée pensée pour les pros

PlanMaker fait partie intégrante de la suite SoftMaker Office, qui comprend aussi des outils de traitement de texte et de présentation. Développé à Nuremberg, ce tableur s’adresse clairement à un public prêt à investir un peu : comptez autour de 100 € pour cinq licences privées ou une licence professionnelle, ou bien optez pour un modèle en location à 3 € par mois. Pour tester sans frais, FreeOffice existe en version réduite, utilisable indéfiniment.

Ce qui distingue PlanMaker, c’est sa robustesse face à Excel. L’interface s’en inspire fortement, et pour la compatibilité XLSX, les utilisateurs n’ont aucune surprise, il s’agit même du format d’enregistrement par défaut. Les difficultés rencontrées avec l’ouverture de fichiers Office sur d’autres alternatives disparaissent presque totalement ici.

Côté plateformes, PlanMaker couvre tout : Windows, Mac, Linux, et la version allégée FreeOffice suit la même philosophie, même si elle s’adresse avant tout aux besoins courants.

Sheets

Le tableur dans le nuage selon Google

Sheets s’est hissé en quelques années parmi les favoris, grâce à un accès universel pour tous détenteurs d’un compte Google. L’interface s’avère agréable et efficace, les fonctions couvrent l’immense majorité des cas, et mettre plusieurs personnes autour d’un même fichier se fait avec une facilité désarmante.

Même les moins expérimentés s’y retrouvent rapidement : menus clairs et options qui vont à l’essentiel. Google a volontairement limité les fonctions les plus pointues afin de rester simple à prendre en main.

Là où Sheets excelle, c’est la collaboration. Les documents sont stockés sur Google Drive et partagés en quelques clics. L’édition simultanée, la présence d’un curseur partagé et le chat intégré font du travail collectif une routine plutôt qu’un défi.

Niveau graphique, Sheets fait bonne figure, sans toutefois atteindre le raffinement offert par Excel, surtout pour les visualisations complexes. On retrouve nombre de possibilités attendues, mais sans le niveau d’approfondissement de la solution de Microsoft.

Depuis ses débuts en 2006, Sheets s’est enrichi au fil des années : gestion de l’historique, ajout de modules complémentaires, ouverture à de nouvelles intégrations. Pour la plupart, le passage depuis Excel ou un autre tableur se fait en douceur. Les seuls grincements naissent lors de migrations poussées : l’import des fonctions avancées et de certains graphiques demande parfois un ajustement manuel.

Zoho Sheet

L’offre indienne du tableur web

La suite Zoho a choisi de miser sur une offre complète : le tableur Zoho Sheet, Writer (traitement de texte), Show (présentations), Notebook (prise de notes), et plus de 40 applications web connectées. Pour les particuliers, tout reste accessible sans frais, défiant même frontalement Google Workspace sur de nombreux champs.

Dès la première utilisation, la parenté avec Google Sheets saute aux yeux : disposition des menus, expérience utilisateur, logique de fonctionnement. Les fonctions majeures sont au rendez-vous : formulaires web, tableaux croisés, gestion des versions, chat de collaboration, mises en forme conditionnelles.

Cependant, Zoho Sheet propose quelques cordes de plus à son arc. Le solveur intégré pour les calculs complexes et la fonctionnalité de recherche de valeur cible manquent chez Google. Côté stockage, l’utilisateur jongle librement entre Zoho Docs, Google Drive, Box, OneDrive ou Dropbox, et les formats exportés incluent CSV, XLSX et ODS.

Pour les adeptes de macros, Zoho a fait un choix stratégique : VBA natif est accepté, contrairement à Google Sheets qui propose son propre langage, Apps Script. Pour celles et ceux qui travaillent déjà avec Excel, c’est donc une transition moins coûteuse en apprentissage.

Au bout du compte, la bataille Zoho Sheet contre Google Sheets se joue au détail et à l’usage cible. Si la visualisation de données demeure plus fine chez Google, Zoho reste un peu limité pour le dessin. Les utilisateurs avertis prendront garde à la limite fixée à 65 000 lignes et 256 colonnes. Pour une expérience « macro » la plus proche de l’univers Microsoft, Zoho Sheet tire bien son épingle du jeu.

Ethercalc

Le tableur web minimaliste, pur produit open source

Ethercalc fait figure d’outsider parmi les solutions présentées ici. Ce tableur web propose une approche volontairement dépouillée : pas d’encombrement, pas d’inscription, accès direct. Le projet, piloté par une communauté, est porté par une philosophie open source assumée.

L’interface évoque les années 2000, et les fonctionnalités n’ont rien d’ostentatoire. Trier une colonne ou personnaliser le formatage impose quelques détours manuels, et l’affichage de graphiques reste rudimentaire. On s’éloigne ici des outils « grand public », pour privilégier l’efficacité brute : prise de notes collaborative, collecte rapide, export immédiat en XLSX, ODS, CSV, ou HTML.

Ethercalc ne cherche pas la sophistication. Toute la conception vise la collaboration en temps réel sur n’importe quel support, sans le moindre logiciel à installer. Chacun accède à la feuille et modifie les données en simultané. Un choix radical, idéal pour de la collecte en mobilité ou du partage sans enjeu de mise en page.

SeaTable

Le nouveau venu de la gestion collaborative et du pilotage de données

SeaTable, apparition récente sur le marché des tableurs web, s’est imposé d’emblée par sa capacité à repousser les limites du modèle Excel. Si la logique générale reste celle d’une feuille en ligne utilisable depuis tout navigateur, les possibilités offertes en termes de structuration et de manipulation des données vont beaucoup plus loin.

Dès la création d’un tableau, le fonctionnement diffère : SeaTable permet d’inclure du texte, des nombres, des images, des fichiers, des cases à cocher, des positions géographiques ou des utilisateurs référencés. Là où Excel et ses concurrents s’arrêtent à la simple liste déroulante, SeaTable ajoute la sélection multiple et la case à cocher, outils redoutables pour organiser et filtrer l’information. L’utilisateur n’est donc plus bâillonné par la nature des colonnes d’une feuille classique.

SeaTable se démarque aussi par la gestion des relations. Chaque table ou page peut référencer des enregistrements d’une autre table, à la manière d’une petite base de données. Pratique, par exemple, pour croiser un fichier de ventes et une liste de commerciaux, puis agréger et présenter le résultat sous forme de graphique. L’univers du tableur rejoint ici celui des bases de données légères, mais sans sacrifier la simplicité.

Les fonctions classiques sont bien au rendez-vous : filtres, tris, regroupements, tableaux croisés, différents types de graphiques. On ajoute les vues cartographiques, galeries pour les images, planning sous forme de calendrier ou de chronologie. Toutes ces options multiplient les champs d’application, du pilotage de projet à la gestion de dossiers administratif.

SeaTable s’adapte à chacun grâce à différentes modalités de déploiement : utilisation gratuite en ligne, installation sur serveur privé pour qui veut garder la main sur ses données. Deux éditions sont proposées : Community (libre, open source en partie) et Enterprise (commerciale, dotée de fonctions avancées comme le clustering, le stockage objet ou l’authentification centrale).

Les possibilités d’extension ne manquent pas : API, SDK, plugins, tout est prêt pour donner matière à automatisation ou à intégration métier. Autrement dit, la personnalisation ou l’amplification des usages n’est plus réservée aux ingénieurs ou aux équipes IT dédiées.

Un temps de prise en main sera nécessaire : chaque colonne demande à être paramétrée avant saisie. Une fois ce réflexe adopté, l’expérience est limpide. Ceux qui migrent depuis Excel peuvent importer les fichiers CSV ou XLSX, en gardant à l’esprit qu’un passage à 100 % parfait reste un mythe, quelle que soit la solution.

Le choix n’a jamais été aussi large pour remplacer Excel

On peut aujourd’hui s’émanciper d’Excel sans renoncer à la qualité ni à la puissance. Les alternatives gratuites et payantes rivalisent de fonctionnalités, séduisent par leur ergonomie, et sur bien des aspects, égalent l’original.

La majorité des besoins quotidiens trouvent leur réponse via les solutions cloud, la collaboration en plus. SeaTable, avec sa flexibilité dans les types de données, la variété de ses vues et son hébergement à la carte, incarne parfaitement cette diversité nouvelle. Désormais, choisir son tableur, c’est choisir sa liberté.

Quelques actus

Entreprise : pourquoi devriez-vous faire des sauvegardes sur le cloud

Le cloud est une solution de sauvegarde des données très prisée par les entreprises depuis son avènement. Il

Office 2019 ou Microsoft 365 : lequel choisir ?

La suite Office nous accompagne depuis longtemps. S'il est vrai que vous aviez l'habitude d'acheter vos disques pour