On tombe encore souvent sur l’adresse @netcourrier.com dans de vieux carnets de contacts ou sur des forums datant des années 2000. Quand on essaie de créer un compte aujourd’hui, on atterrit sur Mailo, le nouveau nom du service depuis son rebranding. Cette transition a semé pas mal de confusion, et les avis qu’on trouve en ligne mélangent allègrement l’ancien NetCourrier et le Mailo actuel. Voici ce qu’on peut réellement attendre de ce webmail français après l’avoir utilisé au quotidien.
De NetCourrier à Mailo : ce que le changement de nom a modifié concrètement
NetCourrier existait depuis la fin des années 1990, ce qui en fait l’un des plus anciens services de messagerie francophones. Le passage à la marque Mailo ne s’est pas limité à un coup de peinture sur le logo.
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L’interface a été redessinée, l’ergonomie mobile améliorée, et le positionnement a basculé vers celui d’une alternative éthique aux géants comme Gmail ou Outlook. Les anciennes adresses @netcourrier.com continuent de fonctionner, mais les nouvelles inscriptions se font sous le domaine @mailo.com.
Le point qui compte pour un utilisateur de longue date : les données n’ont pas été migrées vers des serveurs étrangers. L’hébergement reste en France, un argument que Mailo met en avant face à Proton Mail (basé en Suisse) ou aux services américains soumis au Cloud Act.
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Fonctionnalités du webmail Mailo : ce qui fonctionne et ce qui coince
Sur le papier, l’offre gratuite de Mailo inclut un webmail, un agenda, un espace de stockage pour documents et photos, et la possibilité de créer des alias. En pratique, les retours varient selon l’usage qu’on en fait.
Ce qui tient la route
- Le webmail est décrit par plusieurs utilisateurs comme l’un des plus complets du marché pour un service gratuit, avec des filtres de tri, un carnet d’adresses intégré et un calendrier fonctionnel.
- L’accès via les protocoles IMAP et EAS permet de connecter Mailo à un client tiers (Thunderbird, l’app Mail d’iOS), ce qui n’était pas le cas gratuitement à l’époque de NetCourrier (le POP était devenu payant, provoquant le départ d’utilisateurs historiques).
- L’interface ne pousse pas de publicité ciblée. Les bannières publicitaires existent sur l’offre gratuite, mais Mailo affirme ne pas exploiter le contenu des messages pour du ciblage.
Ce qui pose problème
- Le stockage de l’offre gratuite reste limité (de l’ordre de 1 Go pour les mails). Quand on reçoit régulièrement des pièces jointes volumineuses sans consulter sa boîte tous les jours, ça sature vite. Plusieurs utilisateurs sur Arobase.org et Trustpilot ont signalé ce point dès 2011, et la contrainte n’a pas fondamentalement changé.
- L’application mobile présente des bugs récurrents, notamment sur l’affichage des mails avec pièces jointes. Des avis récents sur Trustpilot mentionnent encore ce type de souci.
- L’envoi de pièces jointes reste le talon d’Achille du service. Certains utilisateurs rapportent des fenêtres vides au moment d’attacher un fichier, un bug documenté depuis plusieurs années.
Sécurité et données personnelles : ce que Mailo promet et ce qu’on peut vérifier
Mailo se présente comme un service qui ne lit pas les messages, ne vend pas les données et stocke tout sur des serveurs sécurisés en France. C’est un discours cohérent avec sa charte, consultable sur le site.
En revanche, Mailo ne propose pas de chiffrement de bout en bout par défaut. C’est la différence majeure avec un service comme Proton Mail, où même le fournisseur ne peut techniquement pas lire le contenu des messages. Chez Mailo, la protection repose sur la confiance dans l’opérateur, pas sur une barrière cryptographique.
Pour un usage personnel courant (correspondance, inscriptions en ligne, échanges familiaux), le niveau de sécurité est suffisant. Pour des échanges sensibles (journalisme, activisme, données médicales), l’absence de chiffrement natif est une limite réelle.

NetCourrier face aux alternatives : Proton Mail, Infomaniak et les autres
Quand on cherche un webmail respectueux de la vie privée, trois noms reviennent systématiquement dans les comparatifs : Proton Mail, Infomaniak (kMail) et Mailo.
Proton Mail offre le chiffrement de bout en bout et une infrastructure suisse réputée pour sa protection juridique. Le compromis : l’offre gratuite est plus restrictive sur le stockage, et l’interface reste moins polyvalente (pas d’agenda aussi complet, pas d’espace documents intégré).
Infomaniak propose un service mail hébergé en Suisse avec un écosystème bureautique complet. La version gratuite est généreuse en stockage, mais le service est moins connu du grand public francophone.
Mailo se distingue par sa polyvalence pour un usage familial ou associatif. L’offre inclut des comptes adaptés aux enfants (avec contrôle parental), un agenda partagé et des outils collaboratifs. C’est un positionnement que ni Proton Mail ni Infomaniak n’occupent aussi clairement.
Offre gratuite Mailo contre offre payante : où passer à la caisse
L’offre Mailo Free donne accès à la messagerie, à un espace documents limité et à quelques alias. Les bannières publicitaires s’affichent dans l’interface, sans ciblage comportemental selon l’éditeur.
L’offre payante (Mailo Premium) supprime la publicité, augmente le stockage et ajoute des fonctionnalités comme un nombre d’alias plus élevé et un support technique prioritaire. Le tarif annuel reste modeste comparé à la concurrence.
Un ancien utilisateur de NetCourrier résumait bien la situation : le service est correct et sobre, mais le rapport stockage/prix de l’offre payante doit encore progresser pour convaincre ceux qui hésitent entre Mailo et un forfait chez Proton ou Infomaniak. Le choix dépend surtout de ce qu’on privilégie entre chiffrement, polyvalence et hébergement français.
Pour un utilisateur qui cherche une messagerie gratuite sans tracking publicitaire agressif, avec un écosystème en français et des données stockées en France, Mailo reste une option solide malgré ses limites de stockage et ses bugs mobiles persistants. L’héritage NetCourrier est encore visible dans certaines aspérités techniques, mais la trajectoire du service va dans le bon sens.

