Installer le moteur de recherche Qwant facilement sur votre navigateur

Vous tapez une requête et, en un éclair, c’est Google qui surgit. La domination du géant californien ne tient pas seulement à son efficacité : elle s’est fondue dans nos habitudes, jusqu’à imposer son nom comme synonyme d’action. Plus de 90 % de parts de marché, en France comme à l’échelle planétaire. Ce quasi-monopole n’a rien d’anodin. À l’automne 2020, un sous-comité du Congrès américain le soulignait, accusant Google d’abuser de sa position dominante et de verrouiller la concurrence.

Mais pendant que les institutions discutent d’un numérique plus ouvert, les internautes n’ont pas attendu pour explorer d’autres horizons. Entre Bing, Yahoo Search, DuckDuckGo, Ecosia et Qwant, les options existent déjà. Qwant, en particulier, avance une promesse claire : ici, pas de traçage ni de profilage. L’hébergement des données sur des serveurs européens garantit une confidentialité réelle, hors de portée des appétits des géants américains. L’impartialité des résultats n’est pas un argument marketing, mais un engagement affiché.

Déjà accessible en 26 langues, Qwant multiplie les efforts, depuis fin 2020, pour s’installer durablement en Allemagne. Pour comprendre ce positionnement, nous avons échangé avec Jean-Claude Ghinozzi, le PDG de Qwant. Fort d’un parcours dans des entreprises majeures du numérique et du divertissement, il décortique la situation du marché, pointe du doigt le verrouillage opéré par Google, notamment via le statut de moteur de recherche par défaut sur de nombreux appareils,, et avance trois arguments concrets pour choisir Qwant ou tout autre alternative. Voici l’intégralité de cet entretien.

Entretien avec Jean-Claude Ghinozzi, PDG de Qwant

OnlineMarketing.de : Le sous-comité américain sur l’antitrust n’a pas hésité à comparer la puissance de Google à celle des barons du pétrole ou des magnats du rail. À ce niveau, peut-on vraiment parler de concurrence ?

Jean-Claude Ghinozzi : C’est exactement ce que nous observons. Ces géants, en rachetant à tour de bras, éliminent la compétition. Si rien ne change, ils étoufferont toute innovation, décourageant quiconque voudrait tenter sa chance face au mastodonte. En verrouillant l’accès aux appareils, ils privent les utilisateurs de la liberté de choisir leur moteur de recherche. La diversité devient un vœu pieux.

Le ministère américain de la Justice poursuit Google pour avoir verrouillé les paramètres par défaut, surtout sur Android et iOS. Selon vous, comment devrait-on présenter le choix du moteur de recherche aux utilisateurs ? Qui doit agir ?

Pour nous, et pour beaucoup d’autres acteurs du secteur, mais aussi pour les associations de consommateurs,, chaque utilisateur devrait pouvoir définir librement son moteur de recherche par défaut. Sur Android, limiter le choix à trois options dictées par Google, c’est réduire la liberté à peau de chagrin. Les utilisateurs devraient voir l’ensemble des alternatives existantes, qu’elles paient ou non pour figurer dans la liste. Sur iOS, le verrouillage est tout aussi fort : Google reste par défaut sur Safari, empêchant tout choix véritable. Ce n’est pas une expérience digne de ce nom, et la concurrence s’en trouve faussée.

La balle est d’abord dans le camp de Google, qui doit se conformer aux décisions européennes condamnant ses pratiques. Si l’entreprise fait la sourde oreille, ce sera à la Commission européenne d’imposer des sanctions dans l’intérêt des utilisateurs du continent.

Les contrats comme celui entre Apple et Google, qui imposent un moteur de recherche par défaut, devraient-ils être remis en cause ?

Que le système propose un moteur de recherche dès le départ n’est pas un problème, à condition que l’utilisateur ait toujours la main pour en changer à sa guise. Mais quand de tels accords profitent à ceux qui détiennent déjà la majorité du marché, c’est une entrave grave à la liberté de choix et à l’ouverture à la concurrence. Aujourd’hui, cette liberté est largement théorique.

Google affirme que les utilisateurs ne souhaitent pas voir le Congrès démanteler ses services gratuits, et que la régulation antitrust ne doit pas nuire aux consommateurs. Que lui répondez-vous ?

En 2006, Melissa Mayer, alors vice-présidente chez Google, estimait dans le New York Times qu’il fallait laisser le choix aux utilisateurs, et qu’aucun moteur ne devait être imposé par défaut, visant alors Microsoft. Nous sommes d’accord avec le Google de 2006, pas avec celui de 2020, qui a totalement renoncé à ce principe de liberté de choix.

Face à des profits colossaux, les sanctions financières suffisent-elles à réguler la domination de Google sur la recherche en ligne ?

Non. Il faut agir avant que les abus ne se produisent, pas les sanctionner après coup. Des mesures concrètes, comme la séparation des navigateurs et des moteurs de recherche, ou la garantie d’un véritable choix pour l’utilisateur, sont nécessaires. Les procédures qui s’étirent sur des années ne sont pas adaptées à la vitesse du numérique. Il faut des actions concrètes, rapides et qui imposent des changements profonds.

Pourquoi, selon vous, les internautes devraient-ils délaisser Google pour Qwant, ou une autre alternative ?

Les raisons ne manquent pas. Opter pour Qwant ou tout autre moteur alternatif, ce n’est pas seulement tourner le dos à Google, c’est faire le choix d’une expérience différente, positive. Comme on change de voiture par envie de nouveauté, d’un autre confort, d’une autre philosophie, on choisit Qwant pour son ancrage européen, sa vision citoyenne du web et la protection assurée par la législation européenne. Ici, pas de surveillance ni de bulle de filtres : chacun accède à une information neutre, protégé par le RGPD et à l’abri du Patriot Act américain.

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne le confirme : 41 % des internautes refusent de partager leurs données personnelles avec des entreprises privées. Le choix d’un moteur comme Qwant découle aussi de cette exigence de confidentialité. Et demain, ce souci de la vie privée s’étendra bien au-delà des moteurs de recherche.

Changer d’habitude n’a rien d’anormal. L’innovation naît de la diversité. Plus les internautes auront le choix, plus les services évolueront.

En Allemagne, nous sentons une vraie sensibilité à la protection des données et aux produits européens. Qwant répond à ces attentes, tout en offrant des résultats pertinents et une expérience respectueuse de la vie privée. Notre ambition est claire : convaincre un maximum d’utilisateurs de faire de Qwant leur moteur de recherche par défaut.

Qwant insiste sur la confidentialité et la neutralité. Mais cela ne risque-t-il pas de frustrer des internautes habitués aux contenus personnalisés ?

Protéger la vie privée et garantir la neutralité, c’est inséparable. La personnalisation, c’est offrir une réponse adaptée à chaque profil, mais cela enferme l’utilisateur dans une vision réductrice, là où le web devrait élargir les horizons. Notre conception d’Internet repose sur l’accès équitable à l’information, un pilier de la démocratie. Les internautes cherchent des services qui les informent vraiment, pas qui les enferment dans une bulle.

Bing offre des récompenses, Ecosia plante des arbres, DuckDuckGo mise sur la vie privée. Quelle est la singularité de Qwant ?

Notre ADN, c’est la défense du droit à la vie privée, mais aussi la promotion de valeurs et de l’indépendance numérique à l’échelle européenne. Nous sommes un moteur de recherche français, soumis au droit européen et conforme au RGPD. Nos serveurs sont en Europe, à l’abri des législations extraterritoriales. Notre engagement va plus loin : pas de profilage, des résultats neutres, la même porte d’entrée sur l’information pour chacun, sans exception.

Qu’est-ce que Qwant propose que d’autres n’ont pas ?

Depuis plusieurs années, nous développons Qwant Junior, conçu pour les 6-12 ans. C’est le seul moteur de recherche sans publicité ni contenus inappropriés, pensé pour accompagner les enfants dans leurs premiers pas numériques, rassurer parents et enseignants et offrir des résultats adaptés à leur âge. Ce service est désormais adopté par la majorité des écoles primaires françaises.

Nous avons aussi Qwant Maps, une application web open source basée sur OpenStreetMap. Elle propose une cartographie respectueuse de la vie privée, sans collecte d’historique ni analyse des déplacements. Les internautes naviguent librement, leurs itinéraires ne sont pas épiés. En version bêta pour l’instant, Qwant Maps prépare sa première grande sortie, avec des fonctionnalités étendues : meilleure géolocalisation, enrichissement des informations locales, contenus multimodaux…

Qwant Junior pourrait-il inspirer d’autres moteurs ? Que filtrez-vous concrètement ?

C’est souhaitable. Le web regorge de ressources éducatives, mais aussi de contenus à risque. Qwant Junior permet aux jeunes de chercher, d’apprendre à formuler leurs requêtes, sans exposition à la violence, la pornographie, la haine ou la drogue. Les parents peinent parfois à s’y retrouver dans l’écosystème numérique destiné aux enfants. Qwant Junior veut structurer cet espace, en s’appuyant sur notre charte d’éthique du web jeunesse, que chaque partenaire s’engage à respecter.

Qwant veut-il renforcer sa présence en Allemagne ?

Oui, et c’est déjà en cours. Depuis le 1er décembre, une campagne publicitaire numérique et papier est lancée sur des médias comme Bild ou Die Welt. L’Allemagne est un marché clé, avec 83 millions de personnes connectées. Avec la France, cela représente 150 millions de citoyens européens susceptibles d’utiliser Qwant et de défendre, avec nous, la vie privée et l’accès libre à l’information.

Combien d’utilisateurs et de recherches Qwant traite-t-il aujourd’hui ?

En France, Qwant rassemble sept millions d’utilisateurs uniques chaque mois. En février 2020, 12 % des internautes français avaient utilisé Qwant au moins une fois dans le mois. L’année devrait s’achever avec 2,5 milliards de requêtes web traitées.

La ressemblance de l’interface Qwant avec celle de Google est frappante. Est-ce voulu pour faciliter la transition des utilisateurs ?

L’interface résulte d’un travail approfondi sur l’expérience utilisateur. Même avant Google, d’autres moteurs proposaient déjà des interfaces sobres et épurées. Ce modèle s’est imposé car il répond aux attentes : simplicité, efficacité, prise en main immédiate. Ce n’est pas une imitation, mais une norme à laquelle tout moteur doit répondre s’il veut être adopté. Pour autant, Qwant a ses particularités, avec des détails appréciés par une part croissante d’utilisateurs qui préfèrent notre interface à celle de la concurrence.

Le nom Qwant fusionne « Quantity » et « Wanted ». Mais la qualité, qui la garantit ?

La quantité, c’est la matière première du web. Le rôle d’un moteur, c’est d’en extraire la qualité, grâce à ses algorithmes. Quand un internaute clique sur un lien, il nous envoie un signal fort : ce résultat est pertinent. C’est sur ces signaux que nous affinons sans cesse notre classement, pour faire émerger les liens les plus utiles. Les utilisateurs attendent ce tri, c’est à nous de leur apporter.

Pour finir, pouvez-vous citer trois raisons concrètes d’utiliser Qwant ou une autre alternative à Google, à garder en tête à chaque nouvelle recherche ?

Voici trois points à retenir :

  • Retrouver la liberté de chercher sans être pisté.
  • Explorer toute la richesse du web sans être réduit à un profil marketing, en étant reconnu comme citoyen.
  • Soutenir les valeurs européennes et l’indépendance numérique.

Un grand merci à Jean-Claude Ghinozzi pour cet échange sans détour. La bataille de la recherche en ligne ne fait que commencer, et chaque clic compte pour façonner le visage du web de demain.

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